[Micro-]Lien entre construction identitaire et représentation

Voici une micro-réflexion sur l’impact des représentations sur la construction identitaire ; et pourquoi les institutions culturelles ont un rôle décisif sur le choix de représentation d’identité en circulation.

Une façon de justifier (ou de retrouver le motif) : Pourquoi est-ce important de parler d’identité et de sa(ses) représentation(s) ?

————————————————

Dans Représentations sociales et identités : des relations complexes et multiples (2008), Valérie Cohen-Scali et Pascal Moliner analysent l’« identité personnelle et sociale d’une part, et [les] représentations personnelles et sociales d’autre part », selon quatre approches différentes. De cette manière, ielles tentent de comprendre comment les identités et les représentations influent l’une sur l’autre dans la construction identitaire de soi, individuelle et collective. Certaines de leurs réflexions illustrent pourquoi il me semble important que les institutions culturelles exposent ou présentent différentes formes de représentations d’identité et ce, d’une manière innovante, non enfermée dans des schémas reproduisant les injonctions systémiques présentes dans nos sociétés.

Selon certains auteurs présentés dans le texte, l’identité que construisent les individus est en étroite relation avec le monde social qui les entoure. Ce monde est imprégné de représentations, de références sociales et culturelles où puiser des éléments de construction identitaire. Ces références dépendent bien entendu des contextes sociaux et environnementaux des sociétés dans lesquelles vivent les individus. Ils ont une grande influence sur cette construction, qu’elle soit individuelle ou collective. Pour Gerard Duveen, « les identités sociales reflètent l’internalisation des attentes et des représentations sociales associées à la position des individus dans la société et à leur culture. (…) L’identité se formerait donc grâce à une action, plus ou moins volontaire, d’intégration de certaines représentations ».

Il est donc vital que les sources qui produisent, mais surtout diffusent des représentations sociales ne réitèrent pas de stigmates ou stéréotypes à l’encontre d’un type d’identité, d’un groupe social et culturel. Dès lors qu’elles le font, elles conduisent les individus à construire leur identité collective et individuelle autour de conceptions souvent fondées sur la discrimination, la ségrégation, la domination, l’hostilité, la haine, l’objectification, l’altérité, etc.

Les institutions culturelles doivent ainsi participer à une diffusion de représentations qui incluent les cultures minoritaires ou dominées avec des perspectives différentes que celles habituellement imposées par la culture dominante. Elles doivent également fournir un autre imaginaire pour les individus non-issus de cette sphère prépondérante afin que ces personnes puissent construire leur identité sur autre chose que certains discours les enfermant dans des visions très limitées et souvent très réducteurs concernant l’identité de leur groupe social et culturel. Cette approche de construction identitaire est qualifiée de culturaliste (“les représentations sociales préexistent à l’individu qui en choisit certaines pour construire son identité”).

Selon les recherches de Cohen-Scali et Moliner, il existe différents types de représentations (cognitives du soi, sociales, collectives,…), mais toutes ces “approches mettent en exergue l’influence déterminante du contexte social qui, en fournissant des modèles de conduites, vont influer sur les liens entre identité et représentations“.