Cet été, lors de mon séjour en Lituanie, j’ai fait une visite au centre de recherche en sciences de la nature et j’ai rencontré quelques scientifiques. L’une des principales activités est maintenant de parcourir ce matériel et de voir ce que je pourrais utiliser pour mon projet. Je transcris également certaines des récits qu’ils m’ont dites.

L’un des géologues que j’ai rencontrés m’a parlé des dolines en tant que modèle parfait de la théorie des catastrophes:

Dans la théorie des catastrophes, il y a quelques étapes. Première étape – il doit y avoir une condition préalable. Une condition préalable en cas de doline est la présence de roches solubles. Lorsque les roches solubles sont erronées par l’eau, les cavités se forment. Les cavités sont un facteur nécessaire pour l’apparition d’une doline. C’est une condition préalable mais insuffisant. La condition suffisante est lorsque le poids, la couche qui pend au-dessus du gouffre, est une force plus forte que le support qui maintient cette couche. Cela pourrait suffire si le poids est plus forte que le support – un gouffre peut apparaître. Mais la partie intéressante est qu’il y a aussi une troisième étape, qui pourrait être appelée «facteur du dernier stimulus». Pour qu’une catastrophe se produise, il suffit d’avoir un déclic, une petite impulsion. Il peut y avoir un équilibre entre la force gravitationnelle et la force opposée. Cet équilibre peut durer des heures aux siècles. Même s’il existe un facteur préalable et suffisant, la catastrophe ne se produit toujours pas. Il a besoin de cette petite impulsion, qui ajouterait au poids de la couche qui s’effondrerait et un gouffre s’ouvrirait. Quelle pourrait être cette dernière impulsion? Il peut s’agir d’un impacte humain – par exemple, un véhicule lourd est passé et il s’est effondré. Il suffit même d’avoir une vache qui court autour pour que le gouffre s’ouvre. La dernière impulsion peut être déclenchée par l’homme mais elle peut aussi être induite par la nature elle-même. Un des facteurs induits par la nature est quand après la pluie vient le gel soudain. Sol quand il est humide et qu’il y a un gel soudain se déchire. Cette fissure suffit pour que la doline apparaisse. L’émergence des dolines est un exemple évident de modèle de catastrophe.

Même si dans mon travail je ne veux pas me concentrer sur les dolines comme un événement catastrophique à sens unique et seulement comme un symbole d’effondrement, je trouve ce passage très intéressant. Même s’il est difficile de ne pas penser à la catastrophe dans une situation mondiale actuelle, mais peut-être exactement pour cette raison c’est intéressant de bouleverser les choses et de considérer le symbole de l’effondrement comme un portail de possibilités?