Réinventer le corps pour réinventer le monde.

Corps calculable, corps atrophié, corps appauvri, insensible et dominé. 

Corps mutilé, individualisé, sans mémoire de lui-même, sans repères dans le monde.

Corps qui bouge de manière limitée, oubliant les infinies fluctuations musculaires qu’il recèle.

Né du progrès et soumis à un contrôle rationnel, il est dépouillé de sa plasticité et de sa sensorialité. Coupé de ses capacités proprioceptives, il est devenu aveugle, coupé de lui-même, de l’autre et de son monde extérieur.  

Ce corps moderne et dualiste, transformé en territoire politique, est devenu l’espace privilégié où se livrent les luttes de pouvoir entre maîtres – esclaves, dominateurs – dominés.

Marchandise banalisée par Internet et lieu d’expérimentation de prouesses technologiques le plus sophistiquées, le corps du XXIe siècle continue d’être dominé et aliéné.

Mais, récupérer le corps signifie aussi récupérer le monde, restaurer ses capacités proprioceptives, rétablir les combinaisons auto-organisées et infinies des ses tissus musculaires et sensoriels.

Bouger, sentir, explorer, libérer le corps dans une fluctuation infinie pour détourner les codes et échapper au geste standardisé, c’est aussi rendre possibles de nouvelles symbioses avec le monde.

Ces réflexions sont motivées par le travail de recherche sensorielle et de conscience de soi par le mouvement, mené par Jaime del Val, artiste médiatique transdisciplinaire, philosophe, activiste, promoteur du Metabody Projet (https://metabody.eu/jaime-del-val/), en collaboration avec le chorégraphe Jean-Marc Matos (Compagnie K-Danse / https://www.k-danse.net/), que j’ai l’occasion de suivre dans le cadre de ma recherche et qui sont au cœur des ateliers que j’envisage de réaliser dans cette nouvelle étape du master.