(Un espace de travail temporaire. Rien n’est vraiment à sa place. Des images de rendus sont posées là comme des promesses. Des masques en cours de fabrication — certains terminés, d’autres à peine esquissés — observent la scène. Le mémoire existe sous forme de fichiers ouverts, de phrases commencées puis abandonnées. L’écriture du conte tente d’avancer, mais trébuche. La panique n’est pas un obstacle : elle est un moteur.)
Personnages : Moi – étudiante en Erasmus, un peu perdue mais positive. Le Grand Méchant Loup (LGML) – figure de conte, sarcastique et fatigué.
(Une table encombrée de feuilles. Une tasse de thé vide. Une lampe vacille. LGML entre, l’air nonchalant.)
Moi — J’ai l’impression que tout est troué. Le mémoire commence par un manque. Le conte aussi. Je ne sais pas par quoi commencer.
(Temps. LGML la regarde.)
LGML — Alors, tu fais quoi de beau ?
Moi — Bah… j’aimerais finir d’écrire mon mémoire.
LGML — Ah ouais ? Sérieux ?
Moi — Ouais… Avant, j’avais trop de temps libre et pas assez d’amis. En début d’Erasmus, c’était plus facile. Maintenant, j’essaye de m’y remettre, mais… (tape sur son ordinateur) regarde : “Introduction – à compléter”.
LGML — Classe. Une intro à trou. Conceptuelle.
Moi — C’est pas voulu.
LGML — C’est toujours ce qu’on dit.
Moi — J’ai l’impression que tout ce que j’écris sonne faux. Trop scolaire. Ou trop personnel. Jamais entre les deux.
LGML — Comme un masque mal ajusté.
(Elle le regarde.)
Moi — Justement… (Regard vers les masques.) Ils me font peur. J’ai l’impression qu’ils savent déjà qui ils sont, eux.
LGML — Et toi non.
Moi — Voilà.
(Silence.)
Pour respirer un peu, laisse-moi te montrer ces super photos sur le conte du Petit Chaperon rouge (merci encore, Ambre), parce que pourquoi pas, après tout.
J’ai l’impression que ça donne une première idée de l’esthétique que je recherche : un mélange de douceur et de danger, de forêt profonde et d’enfance déformée. Quelque chose d’un peu brumeux, un peu féerique, mais jamais totalement rassurant.
(Un silence. Le bruit du vent dehors.)
LGML — Tu sais… les contes, ça commence rarement proprement. C’est toujours une forêt, un détour, une erreur de chemin.
Moi — Donc je suis normale ?
LGML — Non. Mais ça, c’est autre chose.
(Elle sourit.)
Moi — Bon… tu veux que je te laisse bosser ?
LGML — Tu plaisantes ? Je suis un personnage de fiction. J’existe seulement quand tu procrastines.
Panique et remise en question
(Un espace de travail temporaire. Rien n’est vraiment à sa place.
Des images de rendus sont posées là comme des promesses.
Des masques en cours de fabrication — certains terminés, d’autres à peine esquissés — observent la scène.
Le mémoire existe sous forme de fichiers ouverts, de phrases commencées puis abandonnées.
L’écriture du conte tente d’avancer, mais trébuche.
La panique n’est pas un obstacle : elle est un moteur.)
Personnages :
Moi – étudiante en Erasmus, un peu perdue mais positive.
Le Grand Méchant Loup (LGML) – figure de conte, sarcastique et fatigué.
(Une table encombrée de feuilles.
Une tasse de thé vide.
Une lampe vacille.
LGML entre, l’air nonchalant.)
Moi — J’ai l’impression que tout est troué.
Le mémoire commence par un manque.
Le conte aussi.
Je ne sais pas par quoi commencer.
(Temps. LGML la regarde.)
LGML — Alors, tu fais quoi de beau ?
Moi — Bah… j’aimerais finir d’écrire mon mémoire.
LGML — Ah ouais ? Sérieux ?
Moi — Ouais…
Avant, j’avais trop de temps libre et pas assez d’amis.
En début d’Erasmus, c’était plus facile.
Maintenant, j’essaye de m’y remettre, mais…
(tape sur son ordinateur)
regarde : “Introduction – à compléter”.
LGML — Classe.
Une intro à trou.
Conceptuelle.
Moi — C’est pas voulu.
LGML — C’est toujours ce qu’on dit.
Moi — J’ai l’impression que tout ce que j’écris sonne faux.
Trop scolaire.
Ou trop personnel.
Jamais entre les deux.
LGML — Comme un masque mal ajusté.
(Elle le regarde.)
Moi — Justement…
(Regard vers les masques.)
Ils me font peur.
J’ai l’impression qu’ils savent déjà qui ils sont, eux.
LGML — Et toi non.
Moi — Voilà.
(Silence.)
Pour respirer un peu, laisse-moi te montrer ces super photos sur le conte du Petit Chaperon rouge (merci encore, Ambre), parce que pourquoi pas, après tout.
J’ai l’impression que ça donne une première idée de l’esthétique que je recherche :
un mélange de douceur et de danger,
de forêt profonde et d’enfance déformée.
Quelque chose d’un peu brumeux, un peu féerique,
mais jamais totalement rassurant.
(Un silence. Le bruit du vent dehors.)
LGML — Tu sais…
les contes, ça commence rarement proprement.
C’est toujours une forêt,
un détour,
une erreur de chemin.
Moi — Donc je suis normale ?
LGML — Non.
Mais ça, c’est autre chose.
(Elle sourit.)
Moi — Bon…
tu veux que je te laisse bosser ?
LGML — Tu plaisantes ?
Je suis un personnage de fiction.
J’existe seulement quand tu procrastines.
Moi — Parfait.
LGML — Je reste.
Mais je te préviens :
je ronfle.
Moi — Tant mieux.
(Ils se regardent.
Les masques semblent écouter.)
Noir.