Le Moodboard entre Création et Recherche

C’est dans le cadre du cours « Carnet en ligne » que je présente un outil que j’utilise régulièrement, le « moodboard ». Il me permet de rassembler et de stocker des œuvres qui m’inspirent et qui peuvent avoir un lien avec mon projet d’expérimentation. Au travers de ce « moodboard » je présente des œuvres issues l’Histoire de l’art, de galeries et de créations personnelles de première année de Master.

C’est un outil que j’apprécie particulièrement car il constitue un excellent support de réflexion et de discussion ; je l’utilise tout particulièrement en tant qu’outil visuel lorsque je suis en phase de créations graphiques ou plastiques.

Cette production n’est pas en lien direct avec le rendu final de mon projet d’expérimentation ; c’est un support qui me permet de présenter les liens entre ma création de fin d’année et ma recherche théorique et prendre du recul sur mon sujet. La thématique retenue pour mon sujet de mémoire est organisée autour d’un questionnement sur Internet et les outils numériques : en quoi et comment renforcent-ils les inégalités d’accès aux industries culturelles. Les industries culturelles et créatives se définissent dans notre projet comme étant “les arts plastiques et graphiques, la musique, le spectacle vivant, le cinéma, la télévision, la radio, les jeux vidéo, le livre et la presse.”[1]

Au-travers de ce « moodboard », Je souhaite présenter des données, des auteurs et des chercheurs. 

Dans l’image ci-dessous, vous trouverez le « moodboard » présenté de manière assez globale et générale. Si vous souhaitez le parcourir plus en détail, il faut se rendre sur le lien suivant : https://sarthounina.wixsite.com/carnetenligne 

Je propose pour chaque image une description, une analyse permettant de déchiffrer une partie du message de l’artiste ;  je fais également un lien entre l’œuvre et ma recherche.

 

Capture d’écran du moodboard avec toutes les images visibles

 

« La société de consommation » de Duane Hanson, 1969 

Cette sculpture hyperréaliste est la représentation d’une femme portant des bigoudis qui fait ses courses en chaussons. Elle pousse un caddie qui déborde de produits alimentaires.

Il s’agit d’un moulage de corps humain réalisé en résine de polyester. Peint à l’acrylique puis à l’huile. Ce matériau permet des reproductions hyperréalistes. L’artiste ne néglige aucun détail : couleur de la peau, bleu des veines, taches de rousseur, rides, pilosité… Ce sont de vrais cheveux, des yeux de verre, des vêtements et une foule d’accessoires. Même de près, les personnages représentés ont presque l’air vivant.

Ici, Duane Hanson veut montrer l’Amérique telle qu’il la voit. Il ne nous présente pas le « rêve américain » : pas de d’acteurs ou de chanteurs, mais des gens tels qu’ils existent. Ce sont des gens que l’on rencontre tous les jours, dans la rue, au supermarché… Les personnages sculptés nous paraissent réels parce que leurs attitudes, les moments où ils sont plongés dans leurs pensées et leurs accessoires nous sont familiers.

A travers ses œuvres l’artiste critique la société américaine, en montrant le racisme, la pauvreté, les personnes maltraitées. Il réalise toujours ses sujets avec tact et compassion et met en scène leur fragilité, leur résignation et souvent leur désespoir.

Cette sculpture évoque pour moi la surconsommation. Elle exprime visuellement les excès de la consommation (par exemple alimentaire). Et la problématique pour le numérique est la même, à ceci près qu’on ne voit pas les effets néfastes car ils sont non-visible.

Cette réflexion conduit à la notion d’Infobésité (une surcharge informationnelle ou l’on parvient plus à les enregistrer, les sélectionner) qui aussi dangereuse.

 

« Weapon » d’Arthur Deshayes, 2021

Cette sculpture est une bouteille de produit ménager, qui a été repeinte, incrustée dans un bloc de béton fissurée. Cette œuvre a été présentée dans la cadre d’une exposition à l’« Openbach » autour du Readymade.

Cette sculpture représente un objet archéologique pour les civilisations futures.

Ce produit de consommation incrusté dans ce bloc de béton évoque pour moi la consommation qui s’immisce partout. Ça évoque le côté pernicieux d’Internet. Derrière l’insignifiance d’un produit, se cachent de gigantesques enjeux économiques. Les logiciels d’internet sont conçus pour pénétrer notre cerveau et notre pensée (comme à une époque les images subliminales qui ont été interdites)

On pourrait parler de manipulation, comme cela est analysé dans l’ouvrage « Le web affectif, une économie des émotions » co-écrit par Camille Alloing (maître de conférences en sciences de l’information et de la communication) et Julien Pierre (enseignant-chercheur). Dans cet ouvrage, les enjeux autour des émotions dans le numérique sont explicités, en prenant les exemples de ce que nous pensons n’être qu’un simple « clic » ou un innocent « j’aime ». La recherche dans le numérique débouche sur des brevets ; la mise en place des systèmes rapporte des millions. Les nouvelles fonctionnalités que nous trouvons banales ont été conçues après des années de recherches intenses, s’appuyant sur les neurosciences et le fonctionnement du cerveau. Quinze ans de recherches pour développer les six réactions de Facebook.

Si les grands groupes du numérique expliquent que ces fonctionnalités permettent de cibler des contenus, proposer de l’information et des documents selon des profils, les auteurs du livre montrent que la réalité est plus complexe et que les finalités sont surtout orientées vers le profit.

 

« C Koi l’art »  d’Estelle Henriot, 2013

Estelle Henriot a commencé ce travail en 2010. Il fait partie du questionnement de la division des publics de l’art.
De la même manière qu’en demandant ce qu’est l’amour ou la vie à Google, la question « c’est quoi l’art ? », posée sous plusieurs formulations, donne entre autres accès à des forums de discussions en ligne de tous genres (adolescents, artistes, lecteurs de magazines…).

Après avoir sélectionné une quinzaine de sites parmi les plus pertinents et les plus représentatifs, elle s’est rendue compte que certains discours tenus pourraient être les mêmes dans tout autre lieu traitant de ces sujets. Elle a reconstitué les pages de ces débats, en totalité ou partiellement, et les a imprimées au traceur puis découpées en bandes de 20cm sur plusieurs mètres. L’installation consiste à poser les bandes les unes à côté des autres à 2m de hauteur sur le mur, en laissant les plus longues tomber et continuer sur le sol, demandant au lecteur d’adopter différentes positions de lecture.

C’est en raison de sa thématique et de son esthétisme que j’ai intégré cette œuvre dans mon « moodboard ».

 

« Téléphones fossiles » d’Emmanuel Mousset, 2020

Ce sont les représentations de téléphones de la marque Nokia des années 90. Ils sont en béton et acrylique.

Ces sculptures ont également été présentées dans la cadre d’une exposition à l’« Openbach » autour du Readymade.

Emmanuel Mousset immortalise des objets du quotidien.

Cette série de sculptures évoque pour moi l’équipement mondial en outils numériques. « Le nombre total des utilisateurs de smartphones dans le monde est évalué par l’agence onusienne en charge des télécommunications à environ 5,28 milliards. »

Cette donnée est issue de l’enquête anthropologique « Smartphone » de Nicolas Nova datée de 2019.

Nicolas Nova est professeur associé à la Haute école d’art et de design où il enseigne et mène des recherches sur l’anthropologie des techniques, l’ethnographie appliquée au design et les enjeux contemporains du numérique.

Cette série de Nokia représente également l’évolution de la technique avec tout ce qu’elle peut avoir de positif et négatif. En ce sens André Leroi-Gourhan pense que si la technique est bien utilisée elle ne peut être que vertueuse.  Si elle peut être vertueuse, cela veut aussi dire qu’elle peut être détournée de ses fonctions initiales et s’envisager sur un versant pernicieux.

 

« Hiding in the city » de Liu Bolin, 2013

Liu Bolin se rend invisible pour se faire remarquer. Depuis, il crée des œuvres mêlant photographie, body art, art optique et sculpture vivante. Cet homme-caméléon pose pendant des heures devant un mur, un paysage ou un monument pour arriver à se fondre dans le décor – les yeux fermés, sa silhouette à peine visible – avec l’aide de ses peintres-assistants, sans aucun trucage numérique. À la fin du processus de camouflage, il fige la performance grâce à la photographie.

D’abord dans son pays natal et aujourd’hui dans le monde entier, il compose des images qui attirent dans un premier temps, surprennent et inquiètent dans un deuxième. Ces images demeurent dans la mémoire. Il a créé une forme artistique singulière, d’une efficacité rare, et parfaitement en phase avec l’époque dans laquelle le monde se trouve plongé.

Dans  sa série « Hiding in the city », une photo le présente devant des morceaux de viandes dans un entrepôt. C’est une scène déstabilisante et à laquelle nous n’avons pas l’habitude de nous confronter. Son approche artistique est conceptuelle.

C’est cette approche en plusieurs étapes à laquelle je suis sensible et dont je veux m’inspirer pour mes créations. Des étapes et des niveaux de réflexion de plus en plus poussés.

 

« Red Alert » d’Hito Steyrel, 2007

C’est une installation, un triptyque : trois écrans d’ordinateur identiques accrochés verticalement côté à côté faisant apparaître des écrans rouges.

Cette installation a plusieurs sens ; celui qui m’intéresse est le symbole de la couleur : le rouge. Il renvoie à la signalisation de l’état d’urgence en cas de menace.

Dans mon interprétation, cette œuvre concrétise la pensée nuancée de Gérald Bronner (professeur de sociologie à l’Université de Paris membre de l’Académie des technologies et de l’Académie nationale de médecine).

Je m’appuie sur son ouvrage « Apocalypse cognitive » parce qu’il nous alerte sur notre relation aux outils du numérique.

J’interprète le rouge  comme une signalisation : « stop ». Cet arrêt imposé  nous renvoie à une interrogation sur l’origine d’Internet et sa création. A l’origine, la recherche de l’horizontalité de l’information.

Gérald Bronner débute son ouvrage par un paradoxe : « Jamais l’humanité n’aura eu au bout des doigts une masse d’information et de savoir presque toutes les questions qu’on peut se poser et trouver une réponse en un ou deux clics. On devrait se réjouir de ces nouvelles potentialités pour l’humanité ; pourtant, c’est l’inquiétude que provoque les utilisations faites de ces nouvelles technologies.

 

« Rodin x consommation » de Nina Sarthou, 2020

J’ai conservé les idées de mise en scène, d’objets, de nourriture, de déchets, de pollution, de perte de sens afin de mettre en évidence le thème de l’hyperconsommation, primordial à ce stade de la recherche. C’est une première critique sur les intérêts des outils numériques et du web 2.0. 

J’ai sélectionné différents objets pour cette série de photographies. Ces objets ont pour objectif de représenter l’univers culturel. J’ai choisi des livres de peinture, de mode, de sculpture, d’architecture, une sculpture, des photographies d’œuvres, des magazines, des catalogues, des tickets d’entrée. J’ai conservé des emballages en polystyrène et plastique. J’ai placé les objets dans les emballages en prenant soin d’appliquer un film plastique. Après avoir photographié l’ensemble des objets, j’ai conservé les emballages en polystyrène bleu et vert, car ce sont les emballages les plus représentatifs des supermarchés et sont susceptibles d’interpeler. C’est en principe dans ces emballages bleus et verts que nous retrouvons les produits de la boucherie. En conservant les mêmes emballages nous donnons une certaine harmonie, même si l’esthétisme n’était pas ma principale préoccupation. Je voulais mettre l’accent sur ma réflexion intellectuelle, comme dans l’art conceptuel. 

Après avoir sélectionné les photographies, j’ai « photoshopé » chaque objet à l’aide du logiciel Photoshop.  Je les ai « découpés » et placés sur des fonds de couleurs vives pour apporter un contraste visuel. L’objectif est de rappeler les rayons de supermarchés et couleurs d’aliments artificiels très répandus dans les pays occidentaux. J’ai choisi de présenter le même objet trois fois sur le logiciel InDesign, pour renforcer l’idée d’accumulation, de surconsommation et symboliser les termes « industries culturelles et créatives », les plus employés dans ma recherche. Ce sont les mots clés. Cela peut également rappeler la sérigraphie, technique d’impression souvent utilisée par le Pop Art.

Cette série de photographies manquait d’éléments explicites pour comprendre la critique. J’ai donc décidé d’insérer mes photographies dans une « boutique en ligne factice ».  

 

« Culture 2.0 » de Nina Sarthou 2020

Lors de mon rendu de Master 1, je me suis fixée sur l’idée de présenter une boutique en ligne factice. Dans le contexte sanitaire, et au regard des nombreux enseignements et séminaires à distance, j’ai imaginé une expérience d’achats en ligne sur un site factice. 

Cette boutique en ligne factice porte le nom de « Culture 2.0 », en référence au web 2.0 que nous utilisons quotidiennement, permettant les échanges entre internautes. Le terme « culture » rappelle le sujet principal de la recherche. 

La boutique en ligne factice se compose de neuf pages : 

  • La première page nommée « Home », permet de comprendre ma démarche et les fonctionnalités du site. 
  • La seconde page, « Boutique », propose six « packs culture ». Ces packs sont signalés par des photographies présentées sur le site. Les « packs culture » représentent les produits proposés à la vente. Pour chaque pack, le visiteur dispose d’une référence et d’un prix. En cliquant sur un pack, il est dirigé vers sur une nouvelle page. 
  • Pour chaque « pack culturel », nous retrouvons une page spécifique (six pages). Ces pages spécifiques à chaque pack culturel, peuvent nous rappeler ce qui est couramment appelé une « fiche produit » avec l’ensemble des détails du produit et ses caractéristiques. Nous retrouvons une image du pack, la référence du pack, le nom qui commence toujours par « triptyque », le résumé des livres présentés, le prix et un bouton qui propose d’« ajouter au panier ». La particularité de cette présentation est que lorsque l’on passe la souris de l’ordinateur sur cette image, l’image se grise et des données apparaissent. 
  • La dernière page est la page « panier ». C’est un faux panier où nous passons en général notre commande. Nous y retrouvons l’ensemble des packs sélectionnés, la quantité, le prix, le sous-total, le bouton permettant de payer. En dessous, nous pouvons retrouver une vidéo. Cette vidéo est à visionner avec son.  Il s’agit d’une simulation de passage en caisse. L’ensemble des articles proposés sur cette boutique factice défilent avec un bip sonore. Ce bruit est celui que l’on entend au supermarché lorsque les articles sont scannés. 

Les données que j’ai souhaité présenter sur les pages dédiées à chaque « pack culturel » sont issues du livre Apocalypse Cognitive de G. Bronner, 2021. Ce sociologue a particulièrement retenu mon attention ; sa réflexion est nuancée, sans jugement moral sur les types de contenus que nous consommons au travers du numérique. Ses recherches sont riches de données et ses points de vue très argumentés. Je me suis particulièrement intéressée aux algorithmes, à l’environnement social et à son regard philosophique : une pensée éthique tournée vers l’éducation. Il me paraissait important de faire apparaître ces données car elles sont surprenantes et explicites. 

Ses propositions et solutions éclairent les miennes notamment au travers de l’éducation, clé fondamentale pour le progrès et le développement de l’esprit critique. 

Au travers de ma recherche, je souhaite montrer que nous sommes tous (quel que soit notre milieu), capables de saisir les enjeux de nos sociétés. Ce sont les « clés » de la compréhension qui doivent être transmises à tous les groupes sociaux afin de ne pas les priver du pouvoir de l’art, ou pire de les stigmatiser. L’éducation donne les clés de la compréhension, de se questionner, de s’insurger ou de s’émouvoir.  

Dans cette boutique en ligne factice, il y a une perte de sens. Cette perte de sens est utilisée dans le nouveau réalisme pour critiquer nos nouveaux modes de vies. La perte de sens est représentée par la non possibilité d’acheter les produits sur cette boutique en ligne factice. Elle est également représentée par des livres dans des emballages en polystyrène (matériaux non nobles, contrairement aux livres). 

Ces emballages font également penser à la nourriture. Cela pourrait faire émerger des idées autour de l’alimentation, comme les carences alimentaires. Dans cette boutique en ligne factice on parlerait de carences culturelles pour certains quand d’autres « dévorent » les livres. 

Les couleurs vives du site rappellent le côté artificiel de notre société, comme elles étaient utilisées dans le Pop-art pour « critiquer » la société de consommation. Nous avons tous été consommateurs d’aliments toxiques, qui contenaient par exemple des perturbateurs endocriniens. 

L’idée de ce prototype est de montrer que nous consommons beaucoup et dans l’urgence, par le biais des supports numériques. Les contenus qui nous sont proposés s’appuient sur ceux que nous avons déjà consommés et sont le résultat d’algorithmes complexes. Nos données sont récupérées et exploitées à des fins commerciales. Les contenus que nous consommons ne vont pas dans le sens de l’ouverture ; au contraire, ils nous invitent à consommer quasiment à l’identique. Nous aurions tendance à restreindre notre champ critique.

Je souhaitais que chacun se questionne sur sa consommation. De même, il me semble fondamental de s’interroger sur le capital culturel de chacun, les inégalités et leurs causes.  

En accédant à cette boutique en ligne factice, les internautes non-initiés auront le minimum de détails concernant les livres et les artistes qu’elle présente. 

Malgré la gratuité des contenus disponibles et le grand nombre de plateformes ou applications dans le domaine des industries culturelles et créatives, nous nous interrogeons sur l’accessibilité et la fonctionnalité de ces outils. Certaines plateformes sont très techniques et nécessitent des connaissances de navigation spécifiques et inaccessibles pour certaines personnes. Cette question de l’accessibilité est importante. La gratuité des contenus ne suffit pas pour les rendre accessibles. 

La mise en forme de cette boutique factice en ligne se rapproche de ce que je souhaitais réaliser pour la première année de Master. Elle illustre une partie de mon mémoire, essentiellement dirigée vers le phénomène d’hyperconsommation dans nos sociétés

 

« Ticket » de Nina Sarthou, 2021

Pour cette création, j’ai retenu un ticket de caisse, symbole à mes yeux de la consommation. J’ai proposé en fond des couleurs artificielles et saturées, rappelant les couleurs des emballages de supermarchés. La vidéo (création artistique numérique) permet de faire défiler différents types de personnes ayant utilisé la plateforme Instagram. Elle donne alors une impression d’accumulation et d’une multitude de contenus.

Le ticket est une nouvelle proposition pour les internautes. A chaque ouverture de l’application, Instagram imprime un ticket avec le détail de toutes nos traces numériques (posts, likes, commentaires…). Ce ticket présente le total du temps passé sur les applications et nous remercie. L’essentiel étant de passer du temps sur les sites et non pas de savoir si nous avons trouvé ce que nous cherchions.

Cette création se veut critique, voire « politique » en délivrant un message.

 

Conclusion

Le “moodbard” est un support méthodologique précieux me permettant de structurer ma pensée. A la fois pour l’aspect artistique et créatif mais également dans le registre de la réflexion théorique. L’objectif du “moodboard” est de me faire progresser dans ma réflexion et la recherche dans laquelle je me suis engagée. 

Je souhaite, à partir de ma création que chacun se questionne sur sa consommation. Il me semble fondamental de s’interroger sur le capital culturel de chacun et les raisons des inégalités qui semblent s’accentuer avec la fracture numérique.

Le Web 2.0 se donnait comme finalité l’accès à l’information pour tous.  Aujourd’hui le web 2.0 repose sur le système « hyper consumériste », très éloigné des objectifs de bien-être et d’éducation initiaux. Les dérives se sont d’ailleurs accentuées ces dernières années (cyber-harcèlement, fake-news, « infobésité », impact sur la santé des utilisateurs).

Je pense faire évoluer ma création vers une installation afin que le spectateur se sente véritablement concerné par cette problématique de l’utilisation des nouveaux supports numériques et les dérives que l’on peut y constater, notamment l’orientation de ses choix. La « manipulation » est un des grands dangers du numérique. Il me semble important de prévenir.

L’idée n’est pas d’imposer aux internautes la consommation de contenus ciblés tels que des contenus issus des industries culturelles et créatives pour les plus privilégiés ou initiés, et de d’orienter les autres vers des contenus moins riches.  Il faudrait sans doute que les algorithmes proposent des choix plus diversifiés pour chacun d’entre nous.

 

 

[1] Sagot-Duvauroux, Dominique. “Mesurer l’apport de la culture à l’économie : objectif stratégique ou scientifique ? 1er panorama des industries culturelles et créatives. Au cœur du rayonnement et de la compétitivité de la France, Paris, Ernst & Young, 2013, 73 p.”, L’Observatoire, vol. ˚44, no. 1, 2014, pp. 82-83.

 

Images (de gauche à droite) : 

1. La société de consommation, Duane Hanson, 1969

2. Weapon, Arthur Deshayes, 2021

3. C Koi l’art, Estelle Henriot, 2013

4. Téléphones Fossiles, Emmanuel Mousset, 2020

5. Hiding in the city, Liu Bolin, 2013

6. Red Alert, Hito Steyerl, 2007

7. Rodin X Consommation, Nina Sarthou, 2020

8. Culture 2.0, Nina Sarthou, 2021

9. Ticket, Nina Sarthou, 2021

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