La vallée paradis

Par : Hortense CHAUVET

Le consultorio racontait, dans un texte aussi confus que moi, mon premier choc avec la ville intense où je venais de plonger. M’ayant permis d’aborder l’attention du service public de Valparaíso en terme de santé générale, non mentale, j’ai appris beaucoup et très vite ce qu’était un consultorio, et comment fonctionnait l’attention de quartier par le service public.

Le deuxième consultorio, lui, consistait en un petit assemblage de pages web pour mettre en scène dans la photo d’un cabinet de médecin plusieurs informations glanées quant à mon sujet de recherche (l’accessibilité au soin pour les personnes en détresse psychologique par le service public chilien, ou les autres options disponibles en cas de manque de moyens).

C’est à partir du même cabinet que vous pourrez accéder à la vallée : il suffit de passer la porte ! Enfin nous sortons de chez les médecins pour étudier le soin dans la ville même, dans ses structures sociales ainsi que dans son tissu politique et mythique.

Car en effet, à Valparaíso, un des recoins du désordre, j’ai découvert d’autres manières de prendre soin de soi… ou d’éviter ses problèmes : autrement dit, j’ai fait l’expérience d’autres pratiques culturelles en terme de psychologie, par exemple en découvrant des thérapies que le vocabulaire capitaliste appelle “médecines alternatives”. Parfois curatives, j’ai découvert ici beaucoup de drogues. En plus d’autres substances j’ai compris d’autres manières de communiquer, rien moins qu’une autre langue, mais aussi d’autres gestes, d’autres représentations, plus de contact physique, rien que pour saluer un ami, plus d’impulsivité, plus de violence, moins de répression publique et policière, ou alors moins visible, plus de spiritualité quotidienne, plus de danse, plus de pratiques artistiques. Plus de partage. Plus de contact et d’attention envers la nature, en tout cas à Valparaíso. J’ai évité Santiago, la grande ville et ses habitants, mais j’ai aimé y passé. Même si tout ça n’est pas une enquête sociologique et antropologique rigoureusement menée, il me semble que ça me permet de montrer que de cette ville il y a énormément, énormément à apprendre.

J’ai retrouvé mon sujet d’enquête français. Selon moi la transformation a tardé, car je ne comprenais rien… Rien à rien… Pendant trois mois j’ai cru que je rêvais tous les jours… Mes deux projets précédents sont la trace de mon incertitude : si on n’y comprend que la moitié des informations, c’est que je ne pouvais ou ne voulais pas donner l’autre. Depuis quelques semaines tout est beaucoup plus humain, je retrouve des sensations graves. Avant il s’agissait d’une ébauche de jeu d’enquête, maintenant le résultat prend la forme d’un documentaire interactif et fragmenté, où le montage est didactique et narratif, non simplement chronologique : je peux penser le casse-tête, faire des liens cohérents ! Mon mémoire pourrait-il ressembler plus encore à ça ? Comment améliorer le format interactive de cette présentation du savoir?

Le lien que vous êtes invitx à visiter est donc le même que pour le deuxième projet : https://patasoupir.github.io/cartec/cartoc.html

Bonne journée !!!

Hortense