Introduction – Les nouveaux supports du numérique : entre démocratisation et inégalités sociales.

Présentation de la recherche sous la forme d’une courte introduction exposant les enjeux de recherche, la problématique, le protocole envisagé et le corpus artistique. Notre recherche porte sur les inégalités d’accès à l’Art et à la Culture à l’ère du numérique.  

ENJEUX DE LA RECHERCHE 

Notre recherche porte sur les inégalités d’accès à l’Art et à la Culture à l’ère du numérique. 

Notre point de départ est le suivant : au 21ème siècle, chaque français possède un smartphone. Une majorité de foyers dispose d’un ou plusieurs ordinateurs et tablettes numériques. Malgré cet équipement permettant d’obtenir des informations et des réponses, quasiment en temps réel, la Culture et l’Art sont des domaines où les inégalités sont très fortes. La démocratisation technologique ne semble pas toucher ces deux secteurs, et des lieux sont encore réservés pour une « élite sociale ». Certaines clés de la compréhension de l’Art restent confidentielles.

Initialement, Internet avait pourtant comme objectif de rendre les informations, données et documents accessibles à tous. Une volonté d’horizontalité était affichée par ses concepteurs de la première heure.

Pourtant, Internet renforce nos consommations sans toutefois stimuler les milieux sociaux et éveiller les consciences ou éduquer. Ce fait est d’autant plus regrettable que l’Art dispose de ce potentiel émancipateur. Ceux qui consommaient des biens culturels avant le numérique en consomment davantage et inversement pour les autres. Cela entraîne de dramatiques inégalités dans la mesure où la pauvreté culturelle s’accentue dans les milieux défavorisés.

Les concepts de notre recherche sont les suivants :

Le numérique ; il se définit comme un outil technologique propice à la démocratisation. Il est développé dans une partie de notre recherche sous un angle anthropologique retraçant l’arrivée des réseaux d’informatique mondiale jusqu’au web 2.0. C’est celui qui nous intéresse particulièrement puisqu’il propose un échange et un partage entre tous les utilisateurs.

L’art « est une activité, le produit de cette activité ou l’idée que l’on s’en fait, qui s’adresse délibérément aux sens, aux émotions, aux intuitions et à l’intellect. »[1] Cette définition caractérise l’art de manière très synthétique. L’UNESCO quant à elle, « reconnaît la créativité comme une ressource précieuse pouvant générer d’importants avantages économiques tout en améliorant notre bien-être. Puisant dans le potentiel de la créativité comme ressource clé pour le développement durable, l’UNESCO met en œuvre des activités visant à promouvoir les arts et les artistes aux niveaux national, régional et mondial ». 

La culture est selon l’UNESCO, « dans son sens le plus large, est considérée comme l’ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social. Elle englobe, outre les arts et les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l’être humain, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances ».

Les inégalités seront comprises dans notre recherche comme un manque d’égalité. Elles sont abordées sous un angle sociologique ; avant le numérique selon la pensée de P. Bourdieu et après le numérique suivant celle de G. Bronner.

Il n’est pas simplement question de comprendre comment fonctionnent les algorithmes ; nous interrogerons nos habitudes de consommation. Notre environnement social influence nos choix dans tous les domaines de la vie jusqu’à l’accès aux contenus numériques et par extension nos modes de consommation.

AXES DE PROBLEMATIQUE 

Notre réflexion nous a conduit à poser deux axes problématiques :

  1. Comment la pratique d’Internet et notamment du numérique, issue de mouvement libertaire (volonté d’une horizontalité de l’information) renforce-t-elle aujourd’hui les inégalités sociales et particulièrement l’accès à l’Art et à la Culture ?
  2. Internet ne semble pas avoir réduit les inégalités qu’il se proposait de diminuer, et au contraire dans le domaine de l’Art aurait favorisé l’accès à davantage de culture pour une partie de la population, déjà consommatrice d’Art, laissant de côté l’autre partie de la population moins en lien avec l’Art et la Culture.
    Internet serait responsable d’un écart à la culture toujours plus conséquent entre différentes classes sociales.

Nous montrerons que les contenus proposés par les algorithmes renforcent les inégalités sociales ; à partir de ce constat nous proposerons des perspectives pour un accès plus démocratique à l’Art et à la Culture en lien avec l’éducation au numérique.

PROTOCOLE 

Notre protocole expérimental se proposera d’analyser le fonctionnement du numérique vis à vis de la démocratisation de l’Art et de la Culture. Nous éviterons les positionnements technophiles ou technophobes. Notre protocole sera organisé autour d’un souci d’objectivité.

Pistes de protocole expérimental :

  1. Comparaison de deux systèmes numériques : sur Cuba et en France ; ce sont des pays où l’Art et la Culture sont diffusés de manière singulière, avec des systèmes économiques, politiques et sociaux fruits d’une histoire.
  2. Comparaison de flux de plateformes numériques : Instagram – YouTube ; ces réseaux proposent des contenus « illimités ». Ils s’appuient sur un système d’algorithmes ; l’objectif est de proposer des contenus qui nous incitent à rester derrière nos écrans. En nous incitant à passer du temps sur les plateformes, ces dernières récoltent des données très lucratives. Leur objectif prioritaire ne semble pas tourné vers des contenus de qualité ou variés, mais bien de faire du profit sur le dos du « consommateur ».

Pour illustrer cette recherche le prototype prendra la forme d’une création artistique (une « installation »).

A ce stade nous avons créé une boutique en ligne fictive, présentée en première année. Cette boutique en ligne fictive met en avant le système consumériste avec des chiffres « choc » avancés par le sociologue G. Bronner. Ce moyen de communication nous intéresse puisqu’il est utilisée par des associations telles que Greenpeace et Extinction Rebellion en vue de toucher le public.  

CORPUS ARTISTIQUE

Ce corpus artistique permet de présenter des éléments visuels importants pour notre recherche création.

Photographie issue de la série « Culture artificielle », mai 2021

Format A4, InDesign et Photoshop

Cette série de photographies a vu le jour lors de l’élaboration du premier prototype : la boutique en ligne fictive. Nous souhaitions créer une série de photographies très artificielles et dénaturées. Nous avons conservé les idées de mise en scène, d’objets, de nourriture, de déchets, de pollution, de perte de sens afin de mettre en évidence le thème de l’hyperconsommation, primordial à ce stade de la recherche. C’est une première critique sur les intérêts des outils numériques et du web 2.0.

Cette photographie présente une sculpture de Rodin dans un emballage de polystyrène, sur un fond rose. Ce contraste de couleurs artificielles fait références aux rayons des supermarchés.

Série de quatre collages « Portraits culturels », janvier 2021

Format A4, Collages et déchirures

Nous avons fait le choix d’une représentation plastique des effets du numérique sur notre consommation en collant plusieurs supports de communications issus du domaine de l’Art et de la Culture. Nous les avons déchirés afin d’insister sur les accumulations de couches ; couches de connaissances emmagasinées.

 

Exemples d’actions réalisées par Greenpeace et Extinction Rebellion, entre 2007 et 2021

Captures d’écran

La finalité de ces actions est de nous faire prendre conscience de problèmes contemporains ou qui traversent le temps.

Les organisations s’emparent d’éléments réels/concrets et les exploitent dans un autre contexte afin de produire un effet « choc » sur le public.

Capture d’écran 1 : une mise en scène d’Exctinction Rebellion. Il s’agit d’un blocage de magasins : Zara – « Stop au fast fashion »[1].

Capture d’écran 2 : en 2009, Greenpeace réalise une campagne vieillit des hommes politiques et leur fait dire « Je suis désolé. Nous aurions pu éviter la catastrophe climatique… Nous ne l’avons pas fait » [2].

 

 

[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Art

[1] https://www.liberation.fr/terre/2020/10/20/extinction-rebellion-et-youth-for-climate-ont-rhabille-zara_1802824/

[2] https://www.nouvelobs.com/galeries-photos/photo/20111205.OBS5997/photos-retour-sur-les-actions-chocs-de-greenpeace.html