Voler les écritures et les archiver ou comment transformer une écriture en bien commun.

Voler a peu été un terme un peu fort mais il reste tout à fait correct quant à l’action de récolter une écriture sur un manuscrit sans en demander l’autorisation. Plus problématique, je ne possède pas les droits de cette lettre, j’ai en effet pris cette lettre manuscrite en photographie mais entre-temps elle a été revendu pour un prix plus qu’exagéré à un particulier lors d’une vente aux enchères. 

J’ai, grâce à mon ancien travail, l’intégralité de cette vente (1054 photos de manuscrits, lettres et œuvres d’art) enregistré sur mon portable et pourtant ces photos je ne peux pas les partager légalement ni les mettre à disposition de chacun (???). La spéculation d’objet d’art a encore des beaux jours devant elle….

Comme si j’allais me gêner de les publier

Dans mon monde idéal les oeuvres sont scannées pour la recherche dans un premier temps, rien que ça. Dans un monde encore plus beau tout ceci est partagé à tous sur internet. Ça n’enlèverait en rien l’objet à un collectionneur mais il est plus que discutable de garder ça cacher chez soi rien que pour soi pourquoi faire ? 

Pour l’anecdote (déprimante) même en travaillant avec la famille d’André Breton il était impossible d’avoir accès à cette collection tranquillement. Ironie, il aura fallu attendre la mort de ce collectionneur et la mise en vente de sa/la collection pour que nous prenons en photo tout  afin  d’en garder une trace. Juste une trace. 

Cet album est une des bases du projet de la collecte typographique. Non seulement je souhaite récolter les écritures de chacun, mais aussi celle qui a existé. Imaginer lire la page Nadja sur la fabrique à Cartel avec son écriture ? Pouvoir téléchargé son écriture ? 

Moi j’aime bien l’idée 

Alors oui, ça pose la question de l’identité et des faussaires mais pour l’instant je reste dans ce monde idéal, juste un peu.