Questionnements autour de l’écriture manuscrite et de son archivage dans un monde où l’écriture numérique domine.

Collecter et sauvegarder ce que nous ne voyons plus : 

L’intitulé de ma spécialité peut en effet vous donner la puce à l’oreille, m’interroger sur les écritures c’est un peu ma passion, mon train-train mes interrogations quasi quotidienne. Je fais partie de ces personnes qui ont toujours un carnet et un stylo à portée de main, à tel point que je fabrique depuis deux ans mes propres carnets histoire d’économiser un peu dans cette frénésie de notes, brouillons et croquis. Comme si cela ne suffisait pas je conserve beaucoup, tout. En voyant cette pile d’écriture j’ai remarqué que je réactualise mon écriture, tous les 3 ans à peu près (un cycle d’études). De plus je suis ambidextre depuis la petite école, en plus devoir ces évolutions d’écriture j’ai un double jeu d’écriture. J’ai eu l’idée de numériser tout ça et d’en faire une frise. Finalement je me suis dit que j’aimerais bien avoir celle de plein de gens afin :

  • de voir leur évolution aussi 
  • conserver quelque chose qui est un peu désuet comme chacun écrit sur ordinateur.

Le projet la collecte typographique : 

Ni une ni deux je partage un peu partout un appel à collecte, je suis ravie j’ai beaucoup de participation et j’ai aussi eu beaucoup de retour qui interroge le projet et ce que j’allais faire de cela ou encore des excuses car c’est l’écriture de tous les jours sans recherche typographique. 

 

Encore plus ravie donc d’avoir réussi à piquer une curiosité sur cette chose insignifiante qu’est l’écriture. Pourtant ça n’a rien d’insignifiant, franchement on met longtemps à savoir juste écrire, on a eu des cours justes pour ça ! Ce n’est pas inné. Encore aujourd’hui notre écriture on peut la modifier, faire de la calligraphie, écrire une lettre, une note, ou même utiliser nos propres codes. C’est une vraie grammaire et ce n’est pas pour rien que la graphologie existe. 

Humaniser le numérique : 

Et c’est là tout le fond du projet, l’humain. Aujourd’hui connaître l’écriture de quelqu’un c’est très intime, cela implique d’avoir déjà eu la personne en face de soi ou d’avoir eu une interaction avec elle.  

Bien que l’apprentissage de l’écriture manuscrite soit obligatoire et existe, elle disparaît dès les études supérieures où chacun favorise la prise de notes sur l’ordinateur ou même reprend ses cours au propre sur des fiches en format PDF. Aujourd’hui la majorité des devoirs sont en format numérique. C’est une standardisation totale de l’écriture dans le monde standardisé du numérique. Bien évidemment je conçois que pour un correcteur, il soit plus agréable de relire une copie parfaitement propre et lisible (et encore, beaucoup de gens et moi la première n’apprécie pas de lire sur l’écran) mais c’est finalement assez triste de ne plus avoir accès à cette écriture qui est unique et qui représente l’individu au plus profond. 

Interrogation purement pragmatique : 

une écriture manuscrite représente l’individu et est logiquement toujours unique. Même si on peut en dégager des spécificités et même reconnaître l’écriture de quelqu’un, elle sera toujours unique. Ce projet FIGE les écritures en les archivant. Elles n’évoluent plus, elles ne montrent pas la colère, la concentration, le stress ou la prise de notes rapide.  Cependant, cette archive permet aussi de se rendre compte de nos écritures et c’est assez drôle de pouvoir l’utiliser dans nos documents word pour rendre un devoir ! 

 

C’est un très grand projet que j’aimerais réaliser et qui pourrait aller encore plus loin, mais ça ce sera plus tard !